Les travaux en cours cherchent à répondre aux questions suivantes :
Quel est l’impact de la présence d’ambroisie en plus ou moins forte densité sur le déplacement des insectes ?
Quel est l’impact de la densité d’insectes relâché sur la dispersion de ces derniers ?
Pour répondre à ces deux questions, une expérience en serre compartimentée (avec tunnels fermés) a été réalisée pendant la saison 2025 (printemps-été). L’analyse des données est en cours mais les premiers résultats semblent indiquer une dispersion plus rapide en absence d’ambroisie (ressource comme facteur limitant) ou lorsque les densités d’insectes sont fortes (induisant de la compétition intra-spécifique).
Dans quelle mesure la combinaison de méthodes permet de maximiser le contrôle de l’ambroisie ?
Pour répondre à la troisième question, une étude en serre a été mise en place pour tester l’impact combiné du couvert végétal (compétition) et d’O. communa (défoliation) sur la croissance de l’ambroisie. Des ambroisies ont été plantées en pots avec une graminée semée à plusieurs densités, puis des larves d’O. communa ont été déposées sur les ambroisies. Les résultats montrent que la combinaison de ces deux leviers permet un contrôle satisfaisant de l’ambroisie. En effet, la croissance de la plante est réduite principalement par le couvert, mais la présence d’O. communa permet d’intensifier l’effet de ce couvert. La plante produit également moins de fleurs en présence du couvert végétal et d’O. communa. Enfin, en présence de couvert, aucune ambroisie n’a repoussé après coupe-rase (simulant un fauchage), contre 65% en l’absence de couvert et d’insectes. En absence de couvert, la présence de 5 larves permet de limiter à 20% de repousses, tandis que 10 larves ont suffi pour empêcher toute repousse de l’ambroisie après fauchage.

Dans quelle mesure les populations installées dans l’environnement permettent de contrôler les populations d’ambroisie ? Quels autres facteurs sont en jeu ?
Depuis 2024, des études de terrain sont menées en Auvergne-Rhône-Alpes afin de mesurer l’impact des populations de chrysomèle sur l’ambroisie, et déterminer les paramètres qui peuvent améliorer ou restreindre cet impact. Les premiers résultats montrent que la présence de l’insecte diminue la production de fleurs produites par les ambroisies (et donc diminue la quantité de pollen). Cependant, pour le moment l’impact reste encore relativement limité en raison des densités encore faibles d’insectes (colonisation très récente). L’impact de l’insecte sur l’ambroisie va s’intensifier à mesure que les populations de celui-ci vont devenir de plus en plus dense. Cette efficacité sera aussi renforcée par d’autres facteurs, notamment la présence d’un couvert végétal abondant.
Quels facteurs peuvent expliquer le succès/échec d’un lâcher inoculatif d’Ophraella communa ?
Des lâchers inoculatifs de populations Françaises d’O. communa ont été réalisés en mai 2025 dans 26 sites répartis dans plusieurs départements : Allier, Lot, Gers, Tarn, Haute-Garonne, Hérault et Gard. Le but était d’installer les populations de façon pérenne et ainsi apporter à terme un contrôle biologique durable de l’ambroisie dans les sites sélectionnés. Les résultats montrent que malgré un nombre d’insectes lâchers assez restreint (une centaine d’individus par site), la méthode fonctionne et a permis l’établissement de populations puisque des insectes ont été retrouvés à l’automne 2025 – parfois à de fortes densités – dans 70% des sites. Les suivis de ces sites seront poursuivis en 2026 pour estimer l’établissement pérenne des populations. Les premières analyses semblent indiquer que l’humidité est un facteur limitant, mais des données supplémentaires sont nécessaires afin de comprendre quels autres paramètres sont en jeu.

Quels paramètres sont à prendre en compte pour une bonne survie hivernale des populations ?
Durant l’hiver 2024-2025, une étude préliminaire avait été menée pour estimer le taux de survie hivernale des populations présentes en France; celle-ci a mis en évidence que les insectes pouvaient passer l’hiver (>50% de survie) en dépit de condition climatiques défavorable (températures approchant -10°C en hiver sur les sites d’études). Une étude à plus grande échelle est en cours, pour l’hiver 2025-2026, et inclue différentes zones géographiques. Ainsi, 30 sites ont été sélectionnés dans des régions touchées par l’ambroisie : Haute-Loire, Loire, Rhône, Isère, Vaucluse, Gard. La diversité des sites retenus permettra d’intégrer les variations de température et humidité, pour une meilleure extrapolation du taux de survie hivernal d’O. communa à différentes échelles territoriales.

Rédaction : Zoé Rousset et Nicolas Desneux – INRAE, UMR ISA MIB- Multitrophic Interaction and Biocontrol







