Une région en première ligne face à l’ambroisie
L’ambroisie à feuilles d’armoise est une plante annuelle invasive dont le pollen, libéré chaque année entre août et septembre, figure parmi les plus allergisants. L’Auvergne-Rhône-Alpes reste, à l’échelle nationale, la région la plus exposée.
En 2024, environ 5,5 millions d’habitants de la région, soit près de 70 % de la population régionale, ont été soumis à un risque allergique lié à l’ambroisie pendant plus de 20 jours. Porté par le vent sur plusieurs kilomètres, le pollen peut déclencher des réactions allergiques bien au-delà des zones où pousse la plante, ce qui explique l’ampleur de l’exposition régionale.

16,1 % de la population allergique : un enjeu de santé publique confirmé
Une précédente étude ORS-ARS avait déjà chiffré le coût sanitaire de l’allergie à l’ambroisie dans la région à près de 40 millions d’euros par an. La nouvelle enquête, menée en 2025 auprès de 2 590 ménages représentant 6 107 habitants, permet d’affiner ce constat.
Principaux résultats :
- 16,1 % des personnes interrogées présentent une allergie à l’ambroisie ;
- cette part grimpe à 19,3 % dans les zones les plus exposées au pollen, contre 11,4 % dans les zones les moins exposées ;
- plus d’un quart des ménages interrogés comptent au moins une personne allergique.
Les symptômes les plus souvent rapportés sont le nez bouché ou qui coule, des éternuements fréquents et des irritations oculaires. Fait notable : plus de 8 personnes allergiques sur 10 déclarent souffrir de ces symptômes depuis au moins deux ans, signe d’une exposition installée dans la durée sur le territoire régional.

Une saison pollinique qui pèse sur le recours aux soins
L’enquête met en évidence l’impact concret de l’allergie sur le système de soins et le quotidien des personnes concernées :
- 41 % des personnes allergiques ont consulté un médecin dans l’année pour des symptômes liés à la période pollinique ;
- 45 % ont eu recours à des médicaments prescrits, et plus d’une sur cinq à des médicaments sans ordonnance ;
- les arrêts de travail et absences scolaires restent limités, mais témoignent malgré tout d’un retentissement réel sur la vie quotidienne.
Autre enseignement de l’étude : la désensibilisation, pourtant efficace, reste encore peu utilisée par les personnes allergiques.

Une lutte qui repose sur la mobilisation de tous
Face à la progression de la plante, collectivités, gestionnaires d’espaces publics et privés, référents ambroisie et habitants sont appelés à agir de concert. L’enjeu : intervenir avant la floraison, pour empêcher l’émission de pollen et la formation de nouvelles graines. Les communes et référents ambroisie jouent un rôle clé dans le repérage des foyers et la coordination des actions sur le terrain, avec l’appui de l’ARS.
Les bons gestes à adopter
L’ambroisie colonise en priorité les terrains nus, friches, chantiers, bords de routes et certaines parcelles agricoles. Chacun peut contribuer à limiter sa progression :
- apprendre à reconnaître la plante,
- signaler sa présence sur la plateforme nationale de signalement,
- arracher les plants en se protégeant (gants, manches longues),







